Le GaultMillau a récompensé hier, à Paris, le Briochin Mathieu Aumont, aux fourneaux depuis seulement deux ans et demi et la Lorientaise Véronique Abadie, sacrée Directrice de salle de l’année. De l’ombre à la lumière, deux nouvelles stars règnent en terre culinaire bretonne. Rencontre.
Ce qui l’inspire à l’automne, c’est la coquille Saint-Jacques – de la Baie de Saint-Brieuc, comme une évidence – et les champignons… Cet homme qui se dit « libre » est très dépendant… du poisson ! Sans lui, il n’est rien. La crise de la pêche, il l’a vécue de près. « On ne pouvait que se sentir solidaires ! », dit-il. Les poissons, il les aime tous, les nobles, certes, mais aussi les modestes, tel le maquereau, très intéressant, selon lui, à travailler.
Mathieu est une tête chercheuse. « Le plus dur, c’est d’être au top tous les jours ! », explique-t-il. Alors, sans cesse, il se met au piano pour créer de nouvelles notes, une tête chercheuse qui tire son inspiration de son restaurant qui domine la vallée du Gouët. Ce prix, comment le vit-il ? « Je le reçois comme un encouragement. Il faut rester humble, poursuit-il. Ça veut peut-être dire qu’on suit le bon chemin… » Un chemin qu’il a pris avec son épouse Sophie : Aux Pesked, on fait la route à deux… Mathieu est sorti de la salle. Véronique Abadie en a fait son royaume. Elle l’a si bien fait d’ailleurs, qu’elle a reçu hier les lauriers du métier. La salle, c’est le travail de l’ombre : l’accueil, les clients. Mais hier, c’est elle qui était dans la lumière. Toujours aux côtés de son mari Jean-Paul, chef étoilé à Lorient. Pour une fois, la star, ce n’était pas lui ! Deux natures, deux caractères, pour un duo qui a réussi à faire de l’Amphitryon une belle maison.
Véronique est tout sourire. Emue. Etonnée, dit-elle, de recevoir ce prix. Super-maîtresse de maison, pas toujours évident. Véronique, c’est le lien entre la salle et les cuisines. Sa mission : tout faire pour que les clients passent un bon moment. Elle joue aussi une autre partition : sommelière. Son métier, elle l’a appris en goûtant les vins, en optant pour ceux qui mettaient en valeur la cuisine de son mari. Mission accomplie. Véronique pense aux autres. Cette récompense lui donne envie de dire aux jeunes femmes de chefs, continuez ! « Il faut être généreuses pour mettre la cuisine de nos maris en valeur ». Hier, Jean-Paul Abadie n’était pas peu fier de son épouse. « C’est mérité ! Sans elle, je ne serais rien. J’ai besoin de ses critiques, c’est elle qui m’a fait grandir ». Un duo de passion(s). Dans tous les sens du terme.
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