Deux ans d’études et 170 000 € dépensés pour le projet d’une nouvelle cuisine centrale. Le revirement du conseil général risque de coûter cher.
LE DÉPARTEMENT s’est retiré du projet de reconstruction de la cuisine centrale de Nogent-sur-Oise, qui prépare chaque jour 3 000 repas. Le programme était né, en 2004, d’un rapport défavorable de la Direction des services vétérinaires concernant les cuisines implantées dans le lycée Marie-Curie. « Il y avait d’importants travaux à faire, le bricolage aurait coûté une fortune », explique Frédéric Fillion, vice-président du conseil régional chargé des lycées.
« J’ai donc proposé au conseil général de construire avec nous une nouvelle unité de production hors les murs. »
La moitié des repas confectionnés quotidiennement dans le lycée sont en effet répartis dans les sept collèges du Bassin creillois. Un financement commun des deux collectivités territoriales paraît donc logique. Les plans d’un nouveau bâtiment à 3,4 millions d’euros sont donc élaborés dans le consensus. Il ne restait plus qu’à lancer le chantier lorsque les élus du département ont soudainement décidé de quitter le comité de pilotage du projet.
Le département invoque des questions de modes alimentaires
« Ils nous laissent avec deux ans de préparation foutus en l’air et l’obligation pour nous de faire des travaux dans l’urgence car la cuisine centrale Marie-Curie n’est plus du tout aux normes ! » regrette Frédéric Fillion. Un total de 170 000 € a déjà été dépensé dans des études qui, du coup, ne servent plus à rien. Car la région a dû revoir entièrement sa copie. Il est maintenant prévu de se contenter de rénover la cuisine existante pour nourrir les 1 500 lycéens scolarisés sur place.
Avec l’évolution des normes, la réhabilitation coûtera quasiment aussi cher que la construction d’une cuisine centrale telle qu’elle avait été décidée en 2005. La raison officielle de ce changement de cap ? Un simple problème de régime, d’après le département. « Les modes alimentaires des collégiens ne sont pas semblables à ceux des lycéens qui aiment manger sur le pouce », estime Alain Blanchard, vice-président du conseil général en charge de l’éducation et de la jeunesse. Le département annonce son intention de construire sa propre cuisine centrale « dans les quatre ans ». La nouvelle structure, basée quelque part dans l’agglomération creilloise, serait capable d’alimenter les cantines des treize collèges du sud de l’Oise. Mais en attendant, on peut se demander comment le département va remplir les assiettes des collégiens. La région prévoit en effet de fermer sa cuisine centrale Marie-Curie en septembre 2009, pour un minimum de dix-huit mois de travaux. Le lycée de Nogent-sur-Oise sera alimenté par la cuisine du lycée de Chantilly. Mais le conseil régional n’a pas l’intention de faire des efforts pour venir en aide au département, responsable des collèges. Ennuyé, le conseil général a demandé à la région de retarder ses travaux jusqu’à 2010, pour avoir le temps de construire sa propre cuisine.
« C’est hors de question, ils n’ont qu’à assumer leurs responsabilités, assène Frédéric Fillion. La cuisine de Chantilly servira en priorité ses propres élèves et ceux de Marie-Curie, elle ne peut pas faire plus car elle a besoin également d’être rénovée. »
source: http://www.leparisien.fr
Poste dans
Mots: 




