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La cuisine de Chuan : la tentation du piquant

Il est impossible de parler de la cuisine du Sichuan sans mentionner son goût piquant. Or, en réalité, la vraie cuisine du Sichuan ne l’est pas ; elle est salée. D’ailleurs, les plats de Chongqing gardent encore leur goût salé d’origine. Cependant, après des centaines d’années d’évolution, ceux de Chengdu se sont tournés vers le goût piquant.

La province du Sichuan se trouve dans le bassin du même nom, en Chine de l’Ouest. Son climat est humide et tempéré, et la différence de température entre le jour et la nuit est faible. Dans l’Antiquité, afin de mieux conserver les aliments, on devait les garder dans du sel, et le piment avait pour rôle de conserver leur fraîcheur. Il existe aussi une autre explication à l’utilisation du piment : les ingrédients piquants étaient destinés à couvrir l’odeur de poisson et de mouton et à aider le corps à combattre l’humidité froide. Toujours à cette époque, alors que l’élevage était relativement développé, la viande de mouton et de b?uf avait une place importante dans le régime alimentaire des gens. Pour atténuer l’odeur des viandes, on utilisait des ingrédients au goût piquant pour les cuisiner. Avec le développement de l’agriculture, dont celui de l’élevage des volailles, la fonction des piments d’atténuer l’odeur des viandes dans les préparations culinaires est peu à peu disparue, alors que son rôle d’aider le corps à combattre l’humidité froide a pris de plus en plus d’importance. Les gastronomes estiment que le piment peut promouvoir la circulation sanguine et stimuler l’esprit, ce qui est très important dans la province du Sichuan, où le soleil se fait rare et où il y a beaucoup de brouillard et d’humidité. Ces dernières années, les citadins de toute la Chine semblent être tombés sous le charme de la saveur piquante; la cuisine du Sichuan s’est répandue partout. Elle est aujourd’hui la plus importante parmi les huit cuisines de la Chine.

La ville de Chengdu est le centre de la cuisine du Sichuan. Dans cette ville, auparavant considérée comme représentante des plats ordinaires, cette cuisine est devenue le « symbole » du luxe. Les restaurants sont luxueux, et les plats le sont tout autant. On l’appelle déjà la « nouvelle cuisine du Sichuan ». Les restaurants se concentrent principalement dans l’ouest de Chengdu. La marmite de Chengdu est bien réputée. Si vous voulez manger de vrais plats du Sichuan, il ne faut absolument pas manquer le restaurant Chuandonglaojia, situé au bord de la route Laochengguan.

Si l’on va à Chengdu, il faut goûter le huiguorou (porc cuit et sauté aux piments); c’est un plat familial. D’apparence ordinaire, il combine le meilleur de la cuisine de Chuan. Il y a quelques années, on a effectué un sondage sur le plat considéré comme le plus représentatif de la cuisine du Sichuan : plus de 50 % des personnes interrogées ont choisi le huiguorou.

Ce plat tire son origine des rites sacrificiels. On préparait la viande, sans trop la faire cuire, et on la posait sur l’autel. Les rites sacrificiels terminés, la viande était déjà refroidie et la faire cuire de nouveau n’aurait pas été bon. C’est ainsi qu’a jailli l’idée de la faire sauter avec de jeunes pousses d’ail et que le huiguorou a été créé.

Pour préparer un véritable huiguorou, il faut choisir un morceau de viande ni trop grasse, ni trop maigre, quelques jeunes pousses d’ail et une dizaine d’autres ingrédients, dont de la sauce de soja épaisse (produite par le district de Pixian) et de la pâte de haricot fermenté et aromatisé de la famille des Zhang de Pengshan. La tranche de viande doit absolument mesurer 3 cm de long et 0,3 cm d’épaisseur. Il est important également de bien maîtriser le degré de cuisson, et cela l’est encore plus quand on fait sauter la viande. La quantité d’huile, sa température et le moment où l’on doit ajouter des épices comptent également

Décoré de piments rouges et de pousses d’ail bien vertes, le huiguorou est un plat beau à regarder et dont l’odeur est particulièrement appétissante.

Article de : Radio Chine Internationale

Jeunesse. Petit cours de cuisine chinoise

Pas facile de maîtriser l’art du samossa. Photo DDM, Marion Buzy.

Samossas aux crevettes, riz parfumé, dinde au caramel, salade de fruits… Voici le menu que proposaient les enfants du centre de loisirs de Moissac animations jeunes à ceux qui sont allés voir leur exposition sur la Chine.

Et il n’y avait rien dans les assiettes que les enfants n’avaient fait eux-mêmes.

Le matin même, dans les cuisines du centre social Ahmed, Louredime et leurs copains sont en plein apprentissage des recettes de cuisine chinoises. Ahmed est devant la gazinière. «Je prépare de la dinde au caramel, explique-t-il fièrement en freinant tant bien que mal son envie de goûter la texture. Je n’ai jamais mangé ce genre de recettes. Ce soir, ça sera la première fois», pointe-t-il le sourire aux lèvres.

Pendant ce temps, Kamel, l’animateur, s’occupe des samossas avec d’autres enfants. En fin de matinée, l’art du pliage de la bouchée chinoise n’a plus aucun secret pour eux.

«Nous avons aussi préparé le dessert, rappelle Ahmed. C’est une grande salade de fruits avec des litchis et de l’ananas», lance-t-il en montrant le plat.

Pour Louredine, mitonner des petits mets gourmands n’est pas totalement nouveau. «Je cuisine un petit peu à la maison. J’aide ma mère parfois à préparer le repas», annonce-t-il en rangeant le matériel.

À midi, tout est prêt. Les odeurs alléchantes des ingrédients qui ont mijoté sur le feu ont envahi la pièce. Les jeunes prennent la direction de la cantine ou de leur maison.

Pour le repas chinois, il faudra attendre sagement le soir.

http://www.ladepeche.fr/article/2008/11/05/487156-Petit-cours-de-cuisine-chinoise.html

Apprendre la cuisine chinoise dans une ruelle du vieux Pékin

Le boeuf et le porc ont besoin de couleur, pas le poisson ou le poulet. Il faut découper les ingrédients aux mêmes dimensions et ajouter du sucre pour “souder” les saveurs. Autant d’évidences de la cuisine chinoise que Zhou Chunyi veut inculquer aux étrangers de passage dans sa maison du vieux Pékin.
 
Cours de cuisine chez Zhou Chunyi La leçon a lieu en plein air, dans la cour. Une grande table en bois, des planches à découper, munies chacune d’un unique couteau chinois, machette multi-usages impressionnante. En face, deux bonbonnes de gaz alimentent quatre ronds pour faire chauffer les woks, seul vecteur de cuisson.

“Les Chinois n’ont pas de fours. On fait tout cuire sur le feu”, explique la maîtresse du lieu, tablier sur tee-shirt et pantalon noirs, les cheveux attachés dans une grande natte.

Quatre plats en quatre heures. A confectionner de A à Z pour dégustation immédiate, dehors autour d’une table basse. Les mouches bourdonnent, les chats du quartier alléchés font des rondes. Des enfants viennent jeter un regard amusé sur les visiteurs, dans l’entrebâillement du portail rouge vif.

Petit exposé sur les condiments chinois pour commencer. La sauca soja foncée et plus épaisse est utilisée pour donner de la couleur, la légère, plus fluide, pour son goût salé. Le vin de riz “sert à dissiper les mauvaises odeurs de la viande et du poisson, pas pour donner un goût particulier”, annonce Chunyi.

Les recettes sont du Sichuan, région réputée pour sa gastronomie épicée, et de Canton, d’où vient la jeune femme de 36 ans. “Mon grand-père était restaurateur et mon père fait des dim sum”, succession de petits plats typique du sud de la Chine.

Elle a poursuivi sa formation dans une école de cuisine où les femmes se comptaient sur les doigts d’une main. “Les restaurants n’embauchent quasiment que des hommes. Les grands woks sont très lourds à manier et une femme au milieu des hommes, ça perturbe”, plaisante-t-elle.

Ce matin, le cours compte trois élèves: une Américaine et deux Européens. Ils ont payé l’équivalent de 18 euros. “Normalement, les étrangers viennent prendre un cours juste avant de rentrer dans leur pays”, pour impressionner leurs amis, s’amuse le chef.

Elle n’a pas de clients chinois, et ce n’est pas qu’une question de prix. “A Pékin, les vieux savent bien cuisiner et ça n’intéresse pas les jeunes, qui mangent tout le temps dehors”, regrette-t-elle.

Elle se souvient juste d’une dame du quartier, venue à trois cours d’affilée. “J’ai été surprise, c’était visiblement une femme d’affaires. La semaine d’après, elle créait un site quasi-identique au mien et proposait des cours à deux pas d’ici. Même type de lieu, même méthode”, s’esclaffe Chunyi, qui a été la première à proposer ce type de cours à Pékin début 2006.

Pour les débutants, la découpe, méticuleuse, dure une éternité. Mais quand tout est prêt et organisé sur une assiette — poulet, gingembre, ail, piments, condiments et oignons verts par exemple — , la cuisson, elle, est ultra-rapide.

De l’huile dans le wok dès qu’il fume. Les épices quelques secondes, puis le reste. Remuer. Ajouter la tige de l’oignon frais au dernier moment, pour qu’il reste croquant. A vos baguettes!

le 18/7/2008 à 11h31  par AFP

 

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